L’affaire Julien Dray enterrée, le pouvoir estimant que pour plusieurs milliers d’euros détournés de caisse d’association un simple rappel à la loi suffit (et surtout que ses « amis politiques » voulant se débarrasser de lui vu l’empressement de Mr Huchon de l’éjecter des listes, il serait plus utile au sein du PS à foutre le bordel que devant un tribunal), cette façon de faire m’a rappelé une autre affaire qui a subit également un enterrement de première classe.
Cette affaire c’est l’affaire de la MNEF, du nom de cette mutuelle étudiante, qui ayant à sa tête des dirigeants étudiants proches de la gauche, a gardé des liens, notamment financier, avec ces anciens dirigeants étudiants devenus cadres du PS.
Et la MNEF est donc devenue d’une part une vache à lait pour la carrière d’un certain nombres de cadres du PS qui se voyaient confier des postes « virtuels » au sein de ses instances mais aussi pour les anciens cadres syndicalistes qui se sont fait embaucher comme salariés de la MNEF et qui se sont vu attribuer des rémunérations très intéressante.
Et cette affaire, exposée déjà dans un rapport de la cour des comptes en 1982, restera enterrée sous le présidence de François Mitterrand qui ne voyait rien à redire à ce que la mutuelle finance ses amis politiques, et continuera à perdurer jusqu'à l’éclatement de la bulle en 1999.
Car les rumeurs commençant à enfler, le cabinet de Lionel Jospin alors premier ministre décide de donner un grand coup dans cette fourmilière qu’il n’apprécie guère et il diligente une enquête spécifique, en dehors de toute accusation, chargée d’étoffer un dossier qui devra éventuellement être envoyé à la justice, chose qui sera faite.
Et une fois l’affaire éclatée, devant l’ampleur de la chose et surtout devant le nombre de politiques touchés qui ont profité des largesses du syndicat les jugements seront largement modérés avec l’acquittement pour tous et de la prison avec sursis (couverte par l’amnistie présidentielle de l’époque) pour les ex patrons de l’UNEF et de la MNEF Olivier Spithakis le trésorier de la MNEF et Jean Francois Cambadélis le soi disant consultant qui se voyait rémunéré grassement pour des prestations virtuelles (120 000 euros), comme l’ancienne conseillère de Lionel Jospin, Marie France Lavarini qui se voyait également rémunérée par cette mutuelle.
Et donc ce gigantesque système de rémunération de la gauche politique et syndicale a donc été bouclé sans que rien ne soit reproché aux prévenus les plus importants.
Pourtant le procureur dénonçait « un clan, une tribu qui se distribuait les prébendes ».
Mais cela ne suffit pas et, mis à part Jean-christophe Cambadélis (qui était couvert néanmoins par l’amnistie) tous les autres politiques sont passés au travers.
Julien Dray qui avait touché des sommes de ce syndicat via SOS racisme, pas inquiété (mais SOS racisme fut condamné pour détournement à 5 000 euros d’amende, tout comme les syndicats FO et la CFDT).
Dominique Stauss Kahn qui avait soi disant travaillé pour la MNEF et fait des rapports dont on ne trouve aucune trace, acquitté.
François Bernardi, le patron socialiste des bouches du Rhône, qui a fait de nombreuses affaires louches via des sociétés écran avec la MNEF n’a eu droit qu’a une condamnation symbolique.
Jean Marie Le Guen, patron des socialistes parisiens, ancien patron du syndicat étudiant et chargé de rapatrier au PS les leader étudiants et de voir si les rouages de la MNEF continuent bien à travailler pour le PS en se faisant salarier par celle-ci et à présider des associations fictives créée par le MNEF, acquitté lui aussi,
Le communiquant de la gauche rocardienne, Stephane Fouks n’a lui-même pas été inquiété alors qu’il était grassement rémunéré par la MNEF pour des prestations bidons.
Mais la gauche n’a pas été la seule à être arrosée puisque Dominique Paillé le porte parole de l’UMP, a lui aussi eu droit à son obole par la MNEF via son ex Maitresse qui y avait obtenu un poste plus ou moins virtuel mais il sera acquitté.
Bref l’ensemble des prévenus s’en sont bien tirés au regard de l’importance des sommes détournées car il valait mieux que cette affaire soit terminée, quitte à amnistier les quelques condamnés, plutôt qu’elle rejaillisse sur l’ensemble de la vie politique, en éclaboussant des personnages importants de la république, comme l’affaire Dray a été enterrée, Dray étant plus utile vivant que mort pour le pouvoir en place…